07 May 2021 Posted By : MATISSE HARVEY

Le voyage au bout de soi de Daphné-Anne Olepika

Le soleil a balayé le ciel de son dernier rayon il y a plusieurs heures déjà. Il est 18 h et le vent siffle sous les pilotis des maisons, perçant le silence le plus absolu. Le temps semble être suspendu. La vie, ralentie. Pourtant, un halo de lumière brille à l’extrémité du village de Grise Fiord, au Nunavut. À travers ses fenêtres déjà bien givrées pour un 18 octobre, la maison de la famille Kiguktak déborde de vie.

Trois générations y sont réunies pour la première fois depuis un long moment. Cette réunion familiale a l’allure d’un plan-séquence improvisé sur le vif. Oncles, tantes, cousins, enfants… Les convives, fébriles, savent que ce moment unique restera cristallisé dans le temps. Qu’il sera leur point de référence.

Une odeur de nourriture traverse la cuisine. Un mijoté de phoque est posé sur la gazinière, tandis qu’un plat d’omble de l’Arctique vient de sortir du four. Mamaqtuq!, lancent plusieurs personnes à l’unisson. C’est signe que le repas fait l’unanimité.

La sonnerie du téléphone retentit au fond de la pièce, mais personne ne semble y prêter attention. La jeune Caitlyn, vêtue d’une robe de tulle rose, se faufile entre les jambes des invités en riant. La singularité de la scène lui échappe, mais elle parvient déjà à déceler, du haut de ses deux ans et demi, l’exaltation générale qui règne autour d’elle.

Caitlyn veut du gâteau! Elle a attendu ce moment toute la journée!, lance sa mère, Lisa, en pointant la pâtisserie posée sur la table à café. Le gâteau, confectionné avec soin, est nappé d'une épaisse couche de glaçage coloré. Plusieurs s’arrêtent pour lire ce qui y est inscrit : Bienvenue Uliipika, de la part de toutes tes familles.

J’aperçois Daphné-Anne Olepika, un sourire au coin des lèvres. Comment te sens-tu?, je lui demande, l’appareil photo entre les mains.

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